« Vos peintures » : c’est l’intitulé d’un message reçu aujourd’hui d’une correspondante française inconnue. Intrigué, je lis son courrier. Il m’explique qu’elle vide actuellement l’appartement de ses parents : comme tant d’autres personnes âgées, sa mère a rejoint une maison de retraite. « Nous avons donc trois de vos œuvres : deux tableaux et une aquarelle. Je souhaite vous restituer ces tableaux si vous le souhaitez. »

Il ne me faut qu’un instant pour comprendre : dans un autre billet, publié il y a un an sur les quiproquos, j’ai raconté que le premier homonyme que j’avais découvert, alors que j’étais jeune étudiant à Lyon, était un peintre alors actif dans cette ville. Cela m’avait valu quelques incidents amusants avec des personnes persuadées que nous ne faisions qu’un. Je ne l’ai jamais rencontré, et j’ignore tout de son style artistique. J’ai essayé, après avoir reçu ce message, de trouver en ligne des informations à son sujet, ou des reproductions de ses peintures, mais sans succès.
Je n’ai donc malheureusement pas pu renseigner ma correspondante, comme je le lui ai expliqué : « À moins d’accueillir les tableaux orphelins de cet homonyme inconnu, je ne vois pas comment vous aider… » Mais j’ai trouvé que c’était une belle démarche de proposer à un artiste de lui restituer ses tableaux, alors que tant d’œuvres dispersées disparaissent sans doute à jamais dans de telles circonstances.

Particularité française ? Nullement. L’aspiration des mormons à cette époque non seulement à prêcher un message religieux, mais aussi à établir un nouveau modèle de société et à proposer l’émigration vers une contrée lointaine aux allures de terre promise, suscitait l’intérêt de socialistes d’autres pays. En Angleterre, les missionnaires de la foi nouvelle avaient trouvé des oreilles attentives parmi les disciples de Robert Owen (1771-1858). Bien entendu, les convertis au mormonisme de cette époque n’avaient pas tous un tel parcours, de même que les missionnaires n’étaient pas des crypto-socialistes. Mais, sur les questions politiques de leur époque, la sensibilité des saints des derniers jours au XIXe siècle n’était pas la même que celle de leurs descendants aujourd’hui : je viens de découvrir et de commander un livre dont la parution avait échappé à mon attention, 
