Le message que je reçois vient de Chine — ou prétend en venir. Poliment, l’auteur explique qu’il écrit mal en anglais pour cette raison. Cet anonyme utilise une adresse électronique commençant judicieusement par le mot « billing@ », associée à un domaine sur un serveur installé en Bouriatie, quelque part sur les bords du lac Baïkal. Ce citoyen chinois, ou russe se faisant passer pour chinois, me demande en effet de lui verser 350 € sur son compte anonyme en bitcoins.

Il croit avoir de très bons arguments. Le titre de son message me complimente pour mes talents d’acteur cinématographique. Ah bon ? Oui, mais il s’agit, selon lui, de talents très particuliers. Après sa courtoise introduction, il m’explique avoir installé un programme malveillant sur mon ordinateur. Celui-ci lui aurait permis d’explorer les recoins les plus obscurs de mon appareil pour en copier les dossiers, à commencer par ma liste de contacts. Et, révèle-t-il, il aurait réussi à me saisir dans des pauses compromettantes, grâce à la caméra de mon ordinateur, pendant une consultation de sites coquins. Magnanime, il se dit cependant prêt à détruire ce soi-disant document compromettant si je lui verse la somme demandée. Sinon, il ne manquera pas de le transmettre à tous mes correspondants.
Ce que le maître chanteur ne sait pas, c’est que je n’ai pas de caméra installée sur mon ordinateur — et, bien sûr, que j’ai autre chose à faire que d’aller consulter de tristes sites de ce genre. Je sais donc que le personnage n’a pas eu accès à mon ordinateur. Et certainement mon adresse appartient-elle à une liste parmi des centaines ou des dizaines de milliers auxquelles ce message a été envoyé. Mais parmi toutes les escroqueries par courrier électronique qui m’arrivent chaque semaine, c’est la première fois que j’en ai reçu une de ce genre. Je note au passage le montant soigneusement choisi : suffisant pour rendre l’escroquerie intéressante financièrement, mais sans aller trop loin, de façon à ce que tout le monde ou presque puisse payer s’il pense réellement être menacé. Peut-être n’est-ce d’ailleurs que le début, et que le pigeon qui croit à cette histoire devra ensuite faire face à d’autres demandes…
Sur d’innombrables destinataires, sans doute y en a-t-il quelques-uns qui se sont trouvés dans la situation décrite par l’auteur du message, et qui auront la naïveté de croire son histoire (alors que le message ne contient aucune preuve, et qu’il faut en plus croire sur parole un maître chanteur qui affirme qu’il éliminera les preuves s’il est payé…). Si l’on observe les exemples de crédulité en ligne, je ne doute donc guère que l’individu puisse en tirer quelques revenus. Mais ce ne sera pas avec moi — ni avec vous, j’espère !
Il y a 250 ans, les États-Unis n’existaient pas, nous rappellent la brochure et un
Sur certaines lignes ferroviaires, en Suisse, les sections de 1ère classe comportent un espace silence, destiné aux voyageurs qui souhaitent éviter les conversations, la musique écoutée par un voisin ou les envahissants appels téléphoniques. J’apprécie cette possibilité, car je lis et travaille le plus souvent quand je voyage en train. J’en respecte donc scrupuleusement les règles. Cet espace silence devient parfois celui de relations conflictuelles entre voyageurs. Je pourrais raconter plus d’un épisode pittoresque — le plus souvent comme témoin, rarement en intervenant face à de trop manifestes abus. La plupart du temps, je me montre patient. Une fois aussi, il m’est arrivé d’avoir droit à une remarque légitime, il y a une vingtaine d’années, à propos de l’usage d’un ordinateur portable : je ne m’étais pas rendu compte que le clavier dérangeait mes voisins. Je me suis excusé et, depuis, je m’abstiens d’utiliser tout clavier (sauf virtuel) dans un espace silence. Aujourd’hui, cependant, j’ai eu droit à une remarque, mais celle-ci me laisse un peu perplexe.
L’actualité des derniers mois nous apporte de dramatiques nouvelles sur le Yémen ravagé par la guerre, même s’il fait moins souvent la une que d’autres zones de conflits. Hélas pour les Yéménites, ce n’est pas la première fois que cette population se trouve ainsi meurtrie. Dans les années 1960, une autre guerre y avait fait rage (il y en eut encore par la suite), et des forces étrangères (notamment saoudiennes) y étaient également partie prenante, mais dans le contexte particulier de la guerre froide, avec chaque camp cherchant des soutiens du côté américain ou soviétique. À cette époque déjà, des humanitaires tentaient de venir au secours des victimes du conflit.